🐟 SANDRES DE PLUS EN PLUS DIFFICILES ?
IL FAUT S’ADAPTER
Le constat est unanime : depuis plusieurs saisons, la pêche du sandre semble s’être nettement durcie
📊 LE CONSTAT : Moins de spécimens, météo détraquée, pression de pêche importante ? Il y a un peu de tout ça sans aucun doute, mais sans qu’il y ait lieu, selon Michel Tarragnat, de s’alarmer outre mesure. La question étant, au final : comment continuer malgré tout à faire du poisson ?
⏮️ RETOUR EN ARRIÈRE
📜 Michel Tarragnat revient sur l’historique d’un phénomène que l’on ressent depuis quatre ou cinq ans environ
🕰️ L’âge d’or de la pêche du sandre
Je me souviens d’une époque où il était facile de découper la saison en plusieurs périodes. Avec des temps forts, des créneaux prévisibles de quelques semaines où l’on savait que la pêche serait faste ou, au contraire, difficile, que telle ou telle technique serait alors la plus appropriée, que l’on aurait toutes les chances de toucher du beau poisson ou, à l’inverse, qu’il faudrait plutôt du petit en abondance.
📅 À CETTE ÉPOQUE :
En ce temps-là, tout pêcheur expérimenté était capable de se constituer des agendas, certes variables selon :
- 🗺️ Les biotopes
- 🐟 Les espèces recherchées
- 🎣 Les techniques employées
Cela demeure encore possible à l’occasion, et ce parfois même de façon spectaculaire, assez général mais tendue et imprévisible, et sur de courtes périodes.
❓ QUE SE PASSE-T-IL ?
📉 L’apparition du phénomène
Si ma mémoire est bonne, ce phénomène est apparu dès la saison 2006-2007. Et à l’époque, on avait l’habitude de compter d’un automne exceptionnellement doux, suivi d’un printemps et d’un été très pluvieux.
🗣️ Les pionniers de la pêche du sandre
Les treize lunes alimentaient d’ailleurs les conversations. Mais ce qui semblait alors être un simple accident de parcours a continué à se produire régulièrement pour, de mon point de vue, culminer en 2010.
Ce n’est pas que les pêches du sandre ou de la perche soient toujours mauvaises. Les résultats sont en dents de scie.
| 📊 PÉRIODES | 🎣 RÉSULTATS |
|---|---|
| Périodes maussades + longues | ❌ Difficile |
| Courtes périodes favorables | ✅ Rarement + d’1-2 jours |
| Bon jour chanceux | 🎯 Multiplier les sorties |
🎯 De beaux scores malgré tout
Après une ou deux saisons médiocres, beaucoup de pêcheurs parviennent une baisse de population. Certes, une mauvaise reproduction ou une forte pression de pêche peuvent avoir pour effet une diminution des poissons capturables, mais ces phénomènes sont souvent localisés.
💡 CONSTAT IMPORTANT :
Ce n’est pas un problème général et ne concerne pas une seule espèce. Et lors des courtes périodes favorables, on s’aperçoit qu’on peut faire d’excellents scores.
C’est pourquoi, s’il s’agit moins d’une baisse des populations que d’une modification du comportement et des habitudes des poissons, qui pourrait être liée à deux phénomènes :
- 🌡️ Une météo anarchique
- 📈 Une pression de pêche sèche et forte hausse sur certains parcours
🌦️ LA MÉTÉO
🌍 Y a-t-il toujours des saisons ?
Tout laisse à penser que les aléas climatiques, de plus en plus nombreux, ont une réelle influence sur le comportement du sandre.
🔥 UNE MÉTÉO CHAOTIQUE
| 📅 PÉRIODE | 🌡️ RECORD |
|---|---|
| Automne-hiver 2006 | Le plus chaud depuis 1950 |
| Avril 2007 | Le plus chaud depuis 1900 |
| Hiver 2008 | Températures très supérieures à la moyenne |
| Mai 2008 | Le 4e le plus chaud depuis le début du XXe siècle |
| Janvier 2009 | Le plus froid depuis vingt ans |
| Automne 2009 | Le 2e plus chaud depuis 1900 |
| Année 2010 | C’est le bouquet ! |
📊 ANNÉE 2010 – Records :
- ❄️ Janvier : Le plus froid depuis vingt ans
- 🔥 Avril : L’un des plus chauds depuis 1950
- ❄️ Mai : Nombreux records de froid battus dans la moitié sud
- 🌡️ Juillet : Le 6e le plus chaud depuis 1900
- 🍂 Novembre : La 2e décade anormalement douce
- ❄️ Décembre : Le plus froid depuis quarante ans
🌪️ Impact sur les poissons
Sans prendre position dans le débat sur le réchauffement de la planète, force est de constater que nous avons enchaîné, depuis plus de vingt ans, des bilans météorologiques annuels hors normes.
Il ne s’écoule pas une année sans que l’on établisse des records datant de quarante ans, voire un siècle, qu’il s’agisse de températures ou de précipitations.
🔮 L’avenir nous le dira
On ne fait aucun doute que ces anomalies ont une influence sur la pêche. Les poissons sont très sensibles à la température et à la hygrométrie, qui règlent leur horloge biologique, conditionnent les phases d’alimentation, de reproduction, etc.
Il est fort possible que ces paramètres aient eu une incidence néfaste sur le recrutement.
🎯 L’AVENIR NOUS LE DIRA
Quoi qu’il en soit, je me méfie des explications trop simples du style « Y a plus de poissons ».
Ce dérèglement climatique peut aussi engendrer des sautes d’humeur parmi nos carnassiers – disparitions mystérieuses entrecoupées de périodes d’activité intense où il faut vraiment être là.
❓ La question cruciale
La question qui se pose alors est : comment faire face à cette nouvelle donne ?
La réponse n’est pas simple, mais s’il y en a une, n’est pas simple, ou plutôt pas forcément applicable par tous. Cette météo instable se caractérise par l’alternance de perturbations souvent extrêmes et de moments plus calmes.
🔄 INCONTOURNABLE
C’est ce qui a changé. Il faut aujourd’hui plus que jamais être réactif, voire anticiper sur les épisodes météorologiques, ce qui suppose de surveiller les bulletins sur plusieurs jours, et d’essayer de programmer ses sorties en conséquence, même si je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire.
⏰ Profiter des fenêtres météo
En particulier, favoriser les jours de beau temps est devenu, à mon sens, une source de déconvenue majeure, du moins pour le sandre.
Il faut s’équiper et affronter les intempéries !
C’est devenu incontournable. Il faut aussi essayer de garder une trace des résultats en fonction de la météo, qui est aujourd’hui un facteur-clef pour tenter de comprendre quel type de temps est favorable.
📊 Analyser les patterns
Dans le cas du sandre, il apparaît très régulièrement que les meilleures périodes d’activité ont lieu à l’approche d’une perturbation et pendant celle-ci (y compris les épisodes neigeux), tandis que le retour au calme, généralement éphémère et accompagné de temps ensoleillé froid, calme ou venteux, est peu productif.
En rivière, ce sont souvent les coups d’eau qui débloquent une situation difficile, en particulier les premiers jours de la montée.
| 🌡️ CONDITION MÉTÉO | 📈 ACTIVITÉ DU SANDRE |
|---|---|
| Approche perturbation | ✅ Très favorable |
| Pendant perturbation | ✅ Favorable |
| Retour au calme | ❌ Peu productif |
| Temps ensoleillé froid | ❌ Peu productif |
🎯 Ce qui a vraiment changé
Ces observations ne sont nouvelles. Mais à une époque où la météo était moins chaotique, où l’on connaissait de très longues périodes anticycloniques entre deux perturbations, et où les saisons étaient plus typées, les périodes stables de plusieurs semaines finissaient par devenir bonnes.
L’activité pouvait durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avec des hauts et des bas, certes, mais tout le monde avait le temps de profiter.
🎣 LA PRESSION DE PÊCHE
📊 Il y a moins de pêcheurs dans l’absolu, sans doute, mais de plus en plus de fans des carnassiers… souvent de plus en plus pointus
🌊 Pression constante sur les grands biotopes
Même sur de très grands biotopes, une pression de pêche constante aboutit inéluctablement à modifier le comportement des poissons. On l’a vu avec :
- 🏞️ Le silure et le clonk en Camargue
- 🐟 Le bass sur la vallée du Lot
- 🎣 La carpe à Saint-Cassien
Après quelques saisons euphoriques, les résultats retombent, et le fait de relâcher les poissons n’y change rien. Je dirais même… au contraire.
⚠️ Méfiance accrue
🐟 DANS LE CAS DU SANDRE :
Espèce déjà fantasque à la base, un top prédateur ne peut pas rester sans conséquences. Ne soyons pas naïfs : un poisson qui parvient à détecter le mouvement furtif d’un alevin dans l’obscurité est forcément capable de détecter la présence d’un bateau à 15 m d’eau, surtout avec un sondeur et un moteur électrique en fonctionnement.
« Un poisson qui parvient à déceler le mouvement furtif d’un alevin dans l’obscurité est forcément capable de détecter la présence d’un bateau… »
Qu’on associe ou non cette présence à un danger est une autre histoire, mais quand elle est quasi permanente plusieurs fois ou qu’il ait vu ses congénères se faire prendre, cela ne fait aucun doute : après une surpêche, on constate souvent une diminution de la taille moyenne de capture.
On est tenté de l’imputer aux prélèvements, mais l’explication peut venir du fait que les jeunes sujets sont plus abondants, plus « naïfs », plus curieux et plus naturellement agressifs que leurs aînés.
📈 L’embouteillage des carnassiers
🚨 EMBOUTEILLAGE !
La pêche moderne des carnassiers connaît depuis dix ans une expansion assez remarquable. Le nombre de pratiquants, du bord ou en bateau, a fortement augmenté. Même si le niveau et la qualité des pêcheurs a globalement baissé, le niveau technique et le degré d’équipement n’ont jamais été aussi hauts.
📊 Statistiques révélatrices
Cela se traduit, bien évidemment, par certains spots réputés ou présentant des facilités d’accès, par une pression de pêche multipliée par dix en l’espace de quelques années, tandis que d’autres secteurs restent quasiment impêchés.
📍 EXEMPLE CONCRET :
Sur certains lacs de quelques dizaines d’hectares, il y a carrément moins de trente bateaux sur l’eau chaque week-end, la plupart bien équipés en électronique et conduits par des pêcheurs qui savent ce qu’ils font.
C’est l’équivalent d’un concours carnassiers par week-end, sans compter ceux qui pêchent en semaine.
🎯 Conséquences pour le pêcheur
Quelles stratégies peut-on mettre en œuvre pour contrer ce phénomène d’accoutumance et de méfiance accrue ?
La plus simple et sans doute la plus efficace peut consister à délaisser ce type de parcours pour rechercher des lieux plus tranquilles. Il n’en manque pas, généralement pas, et même s’ils sont plus loin, moins réputés, plus difficiles d’accès ou que la population est moins dense, au final, la pêche peut y être plus facile et les résultats supérieurs.
💡 SOLUTION ADAPTATIVE :
Si l’on ne peut s’y résoudre, une autre approche consiste à modifier nos habitudes pour essayer de coller à celles du poisson, si elles ont changé.
🌙 PLUS DE SAISONS
🔄 Dernière piste à explorer : les changements de tenues
Enfin, il est prouvé que le plus productif des postes devient décevant s’il est trop sollicité.
👁️ Observer et mémoriser
Il faut donc avoir l’œil, observer les autres pêcheurs, mémoriser les postes qui n’ont pas encore été « faits », et même ne pas hésiter à tenter sa chance sur des zones a priori sans attrait et que la plupart délaissent.
Ne pas hésiter non plus à essayer des profondeurs inhabituelles pour la saison, d’autant plus que, précisément, il n’y a plus de saisons.
🔄 L’approche « linéaire »
🎯 TECHNIQUE MODERNE :
Au final, cela revient un peu à « désapprendre » ce que l’on a mis des années à apprendre. Je conçois que ce n’est pas établissant et que l’on puisse s’y refuser. Mais si le poisson change ses habitudes, ne pas le suivre dans son évolution conduit à l’échec, à l’instar de ces pêcheurs accusent le silure d’avoir éliminé le sandre, n’ayant pas compris fait se déplacer…
Il faut également repenser notre façon d’approcher les postes en bateau. La tendance actuelle, dans bien des lieux, consiste à se placer directement sur le poisson pour le pêcher à la verticale, ou encore à faire un passage au ralenti pour vérifier la présence d’échos au sondeur.
On court ainsi le risque de mettre ce dernier en alerte avant même d’avoir donné un coup de ligne.
🎣 En linéaire : la discrétion avant tout
La verticale est une super-technique, mais ce n’est pas la seule approche possible. Les plus gros sandres se prennent plus souvent en diagonale qu’en verticale pure, autrement dit avec un leurre assez loin du bateau.
❓ EST-CE VRAIMENT UNE COÏNCIDENCE ?
Et quand on connaît bien son plan d’eau, a-t-on réellement besoin de se rassurer en vérifiant au sondeur que le poisson est bien là où on l’attendait ?
En tout cas, il semble logique de tenter une première prospection du poste à distance, en « linéaire » pour reprendre l’expression moderne qui désigne une approche de type « mort manié », où l’on perd en précision, on le gagne en discrétion et en effet de surprise.
🚤 Maîtrise des trajectoires
De plus, cette méthode permet de prospecter rapidement des profondeurs très variables, augmentant les chances de trouver la bonne couche d’eau. On a parfois des surprises… Rien n’empêche de terminer l’exploitation du poste à la verticale par la suite, si un besoin de précision ou de présentation très lente se fait sentir.
⚙️ ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE :
De même, la sophistication des moteurs électriques actuels nous incite à vouloir maîtriser complètement nos trajectoires.
La dérive naturelle (vent, courant) est de moins en moins pratiquée. Elle présente pourtant l’intérêt d’être plus discrète : pas de remous ni de champ électrique, peu de clapotis, plus de naturel.
🌅 LES BEAUX SPÉCIMENS SE PRENNENT DE PLUS EN PLUS AU COUP DU SOIR
🌙 Pêche nocturne : la solution ?
Ce n’est certainement pas une coïncidence si, dans des eaux très pêchées, les plus gros sujets se prennent souvent au coup du soir. Il est probable que pendant la journée ils ne s’alimentent pas, ou qu’ils cessent de le faire au moindre dérangement, attendant la tombée de la nuit pour chasser.
⏰ Timing optimal
Insister jusqu’à la limite de l’heure légale est souvent devenu la meilleure parade pour toucher aux beaux spécimens.
🎯 CONCLUSION : S’ADAPTER POUR RÉUSSIR
Il ne semble pas qu’il faille sinon l’éventuelle baisse des populations, même si les gros sujets semblent plus rares aujourd’hui.
📋 Récapitulatif des solutions
✅ MÉTÉO – Suivre les bulletins et anticiper
✅ DISCRÉTION – Approche linéaire avant verticale
✅ TIMING – Privilégier le coup du soir
✅ SPOTS – Explorer des zones moins fréquentées
✅ ADAPTABILITÉ – Changer ses habitudes si nécessaire
💬 Citation de Michel Tarragnat
« C’est ce qui a changé. Il faut aujourd’hui plus que jamais être réactif, voire anticiper sur les épisodes météorologiques, ce qui suppose de surveiller les bulletins sur plusieurs jours »
🎣 Bonne pêche et n’oubliez pas : le sandre est toujours là, il faut juste s’adapter à ses nouvelles habitudes !
